Des eaux sociales

Des eaux sociales

Les Romains, quant à eux, vont s'inspirer de la médecine grecque. Celle-ci savait dès le IIIe siècle av. J.-C. traiter avec efficacité les maladies dues aux excès de table par les eaux thermales.

C'est le médecin d'origine grecque Asclépiades, contemporain de Cicéron, qui l'introduisit dans l'Empire romain. Arrivé en 91 av. J-C., il préconisait systématiquement les traitements par l'eau, comme les douches froides contre les névroses ou les baignoires à balancier pour anesthésier les grandes douleurs. Sa thérapeutique par le bain ne prétendait pas guérir mais voulait prévenir le mal et donner le bien-être. Cette doctrine eut un succès immense.

Ces connaissances croisent ce qui fera la spécificité de l'apport romain : le développement des bains publics, caractéristiques de la civilisation romaine. Les Romains ont été les premiers à placer les bains au centre de la vie sociale.

Véritables cités aquatiques, les ancêtres des thermes étaient organisés en plusieurs pièces, chacune répondant à une fonction bien précise pour le bien-être du corps et de l'esprit. Les bains romains possédaient au minimum trois espaces : le caldarium (bain chaud), le tepidarium (bain tiède), et le frigidarium (bain froid). À cela s'ajoutaient la palestre, pièce où l'on pratiquait la lutte ainsi que des exercices en tout genre, le sudatorium (ancêtre du hammam), et le laconicum (comparable au sauna).

Ces thermes pouvaient également proposer de nombreuses autres salles, dédiées au partage, à la distraction ou à la culture : bibliothèques, salles de spectacles, jardins étaient alors mis à la disposition de tous. On s'y rendait quotidiennement. On y allait pour se laver mais aussi se rencontrer, parler affaires et politique, s'instruire, se distraire, se détendre.