Transports : le train de la modernité

Transports : le train de la modernité

Si le Massif central a connu un déploiement rapide et spectaculaire du chemin de fer, il le doit sans doute en partie à sa vocation thermale.

L'engouement des plus riches classes sociales pour les eaux a poussé les maîtres d'oeuvre des grandes stations à miser aussi sur les moyens de transport les plus modernes pour acheminer la haute société prometteuse de bonne fortune.

Des gares parfois monumentales accueillaient celle-ci à destination. Peu importe que ces édifices, comme celui de Néris-les-Bains, n'aient qu'un avenir limité : arrivée tardivement, cette gare somptueuse ne vit descendre les voyageurs que pendant une dizaine d'années.

Dans ces reliefs spectaculaires, les ouvrages d'art le sont aussi. On fit appel à la prestigieuse compagnie de Gustave Eiffel pour permettre au train de traverser la Truyère, non loin de Chaudes-Aigues : futuriste s'il en est, le très ambitieux viaduc de Garabit, long de 565 m et culminant à 122 m au-dessus de la rivière, est alors le plus haut du monde. Ouvert en 1888, il précédait de plus d'un siècle, avec le même souci d'élégance et de performance technique, celui de Millau, une grosse centaine de kilomètres plus au sud, dû à l'architecte Norman Foster.

Aussi exceptionnel soit-il, le viaduc de Garabit n'est pas le seul ouvrage d'art remarquable qui surgit à cette époque. Le même Gustave Eiffel, associé à l'ingénieur Daigremont, réalise de 1882 à 1885 le viaduc de la Tarde, près d'Evaux-les-Bains, permettant l'ouverture de la nouvelle ligne Montluçon-Eygurande.

Le viaduc des Fades, près de Châteauneuf-les-Bains, achevé une dizaine d'années après Garabit sous la direction de l'ingénieur Félix Girard, battit lui aussi différents records et reste, encore aujourd'hui, l'un des plus hauts viaducs ferroviaires du monde.